mercredi 2 mars 2016

Fabrication du Métier (l'ossature)


Dans ce chapitre, il est question de la fixation et de l'alignement des couples qui vont être destinés à recevoir le strip planking de lattes de red cedar.

Pour fixer les couples à des intervalles régulier de 0,5m, on a choisi d'utiliser des tréteaux en bois... c'est pas cher, c'est costaud à condition de les démonter intégralement et de les recoller avec PPU ou époxy , on peut visser dedans, et surtout on pourra les réutiliser !

Donc, on espace les tréteaux de plus ou moins 1 mètre en veillant à ce que l'espacement ne tombe pas sur un couple (tous les 50cm).

Ensuite on y visse des tasseaux longitudinaux pour verrouiller les distance entre tréteaux.

On place ensuite des paires de bastaing en travers qui vont servir à pincer les couples pour permettre leur réglage sur les deux axes vertical et horizontal.

Pour régler les couples en hauteur on matérialise la ligne de flottaison (que l'on aura pris soin d'imprimer sur le plan et de reporter sur les gabarits et sur les couples) par un bout de latte  bien droite sur chaque couple.

On en profite pour marquer la ligne de milieu au centre de chaque lattes.

Cela va permettre de faire affleurer le point rouge du niveau laser; d'aligner les couples en hauteur et de les centrer les uns par rapport aux autres.

Ensuite, il restera à vérifier que chaque couple est parfaitement vertical avec le pointeur laser .
Comme ça, ça à l'air simple et rapide...

Oups! des heures à serrer et desserrer les pinces des bastaings pour lever un peu... baisser, à gauche, à droite, pencher à droite, à gauche .... en avant , en AR ... Bref des prises de tête sans nom !

Je renouvelle mon conseil si vous n'avez pas de temps à perdre : découpe numérique des couples et du peigne qui va les recevoir, les ajuster en hauteur, les centrer , les positionner bien à 90° au bon intervalle et bien parallèlement les uns aux autres, bref La CN , c'est fait pour ça et le résultat devient un jeu d'enfant !

Pour revenir à nos moutons, voici le topo en images.
les tréteaux espacés et verrouillés par le vissage des tasseaux longitudinaux 

la forme s'affine à l'avant , les tasseaux se resserrent aussi


On commence à disposer les bastaings qui vont pincer les couples et les maintenir en place et en hauteur

On matérialise la flottaison par un tasseau et on trace le milieu. Ici on aperçoit le pointeur laser affleurant les couples du fond .  

On pince les couples bien à la verticale dans les paire de bastaings  grâce à une vis au milieu. 

On espace les couples  

On espace chaque couple avec des lattes calibrées ( ici la valeur est 482mm)
Le niveau laser va nous donner la ligne de référence dont nous avons cruellement besoin...
Remarquez la découpe réalisée au niveau du livet pour faire filer la serre bauquière en yellow pine

Sitôt que les couples sont alignés et verticaux on commence à fixer des lattes temporaires pour verrouiller le réglage 


vue intérieure


Dès que tout est OK, on visse les bastaings dans les tasseaux pour verrouiller le tout.

Usinage du gabarit et renfort d'étrave collé au dernier couple

Positionnement sur le chantier
bien aligner

les derniers tréteaux sont du "sur mesure" !

vue d'ensemble









La découpe des couples



Les couples

Il est temps maintenant de s'attaquer à la réalisation des couples qui vont servir à créer l'ossature pour recevoir les lattes qui constitueront le strip planking à proprement dit .
Un couple tous les 50cm ce qui est la valeur mini pour avoir un bon "lissage" des lattes qui font 12,7mm d'épaisseur. 40cm aurait été parfait, mais comme nous avons choisi de ne fabriquer que des couples structurels sans faux couples (couple intermédiaire qui ne restera pas dans la réalisation), cela aurait fait beaucoup.
Les couples sont en CP CTBX (extérieur) tout okoumé de 18mm. C'est lourd et c'est pourquoi  les couples sont très évidés avec en moyenne 80 à 100mm de largeur sur le pourtour.
Cela a permis, au détourage, "d'encastrer" certain couples dans les autres pour optimiser au mieux le CP sans générer de trop grandes chutes.
Dans notre cas nous avons choisi l'usinage tout analogique ... C'est très long, c'est fastidieux et cela demande une très bonne précision.
Un conseil: si vous avez quelques économies, investissez dans la découpe numérique de vos couples et du peigne (support longitudinal dans lequel s'encastre très précisément vos couples à 90°) qui constituera votre future chantier (ensemble couples/peigne).
Donc, tout analogique ... 
  1. Impression de l'ensemble des couples à l'échelle 1 sur du  format A3 (on a évité le puzzle 1000 pcs de justesse )
    Les formes sont scindées en deux , à droite l'avant et à gauche l'AR, ce qui est suffisant puisque les coques sont symétriques et que nous n'avons besoin que de demi gabarit pour tracer un couple entier.
Assemblage de toutes les feuilles pour reconstituer le plan à l'échelle 1

y'a du scotch ! 

On fixe le plan sur le CP et on trace au cutter les lignes successives des couples (dans du CP de 4mm pour fabriquer des gabarits réutilisables et manipulables. Le cp de 3 ou 4mm peut ensuite être coupé directement au cutter en faisant des passes successives avec la lame.




Traçage au cutter
Après découpe au cutter, on obtient des gabarits de coupes qui s'encastrent comme les pièces d'un puzzle. Ici les gabarits de couples scinder en deux suffisant pour une forme de coque symétrique.

Traçage sur le cp de 18mm grâce aux gabarits en 4mm


La difficulté: générer le plus petit nombre de grandes chutes en encastrant les couples
Détourage à la scie sauteuse. On découpe à 2 mm du trait. Pour avoir une coupe bien nette et sans bavures qui pourraient effacer le trait, on utilise une lame spéciale découpe de plan de travail de cuisine en fait les dents sont orientées vers le bas, cela demande à bien tenir fermement la machine mais les trait de coupes sont francs nets et le trait reste intact et bien visible.
On finit avec la ponceuse à bande pour terminer exactement sur le trait avec précision et un bon lissage des courbes

Pour être bien de niveau et avoir un finition parfaitement à 90° on colle un petit niveau à bulle avec du double face
pour l'intérieur des couples une finition à la disqueuse vitesse lente et fibre disc gros grain , c'est suffisant.







Le résultat  en cours de réalisation





samedi 27 février 2016

Le scarf et son collage

Le scarf:

ou coupe en biseau, permet d'abouter des pièces de bois de longueurs standard, pour obtenir de grandes longueurs. Dans notre cas, nous partons de tasseaux de 3,05 ml pour obtenir des lattes de maxi 9,10 ml.

Nous allons donc tailler toutes les extrémités de nos tasseaux en biseau. On considère que la pente d'un scarf doit être comprise entre 8 et 10%, selon la nature du bois, pour obtenir une surface de collage qui rendra jusqu'à 95% de la résistance initiale. 

Nous avons retenu une pente de 9% pour nos scarfs, soit une surface de collage de 11 cm.

Le mode de fabrication du biseau sera une découpe à la scie circulaire.


Le reste en image:

Les lattes sont disposées côte à côte sur le chant contre le guide à 9% et en butée au bord du plan de travail. Un guide de découpe pour la scie circulaire est alors vissé au bord des lattes


Vue AR de la découpe des scarfs à la circulaire
On peut même "charger" en lattes les deux côtés du guide à 9%

vue de l'avant
le résultat après le passage de la circulaire

En vidéo:

Le résultat après découpe :




comme le résultat de la découpe à "main levée" n'est pas absolument parfait, une rectification à la ponceuse à bande s'impose...

pas mal mais pas parfait ... 

Finition à la ponceuse à bande:

Un tasseau comme guide, deux petites cales pour décoller  la latte du plan de travail . la ponceuse à bande à 9% du guide, Voilà notre boîte à scarf ! en grain prenez du P36 pour les bandes, redoutable d'efficacité !!


  En vidéos : 






Une autre méthode. Plus long à régler ...
le résultat


Le collage des scarfs:

Collage à la PPU (colle bois Polyuréthane Marine) pour garder un collage souple pour éviter un "point dur "dans la flexion de la latte et surtout pouvoir coller  quelle que soit le taux d'humidité. 

De plus la colle PPU réagit en moussant à l'humidité ambiante, cela comble les petits défauts éventuels et améliore l'adhérence. 
Tout bon quoi !
Le plan de travail va nous servir cette fois ci à disposer les lattes côte à côte et sur le chant et utiliser toute la largeur .

Le reste en image :






On insère une petite bande de plastique entre chaque latte pour éviter la catastrophe !
Des tasseaux vissés sur les bords du plan de travail permettent de serrer les lattes centrales avec les petits coins récupérés des scarfs. 


Bien positionner les petites bandes de bâche pastique
Un petit repère sur les lattes que l'on va venir insérer pour être bien précis scarfs contre scarfs
L'encollage à la volée.


Les lattes sont prêtes.
On peut commencer alors a insérer les lattes encollées, la pression sur le collage se fait au fur et à mesure de l'avancement du travail.
On insère la première latte, la deuxième viendra finir de se serrer et plaquer le collage et ainsi de suite sur toute la largeur
la colle réagit et commence à mousser
Après avoir fait toute la largeur on fini le serrage avec des petits coins en guise de serre joints
Quand une couche est réalisée, on peut commencer une nouvelle couche, ce qui permet un très bon rendement avec très peu de matériel de serrage.
Le lendemain, on rabote le surplus de colle au surform (rabot-lime)










contrôle du flex